Historique des écoles militaires de pilotage


Bref résumé de 80 années d'excellence

 

La nécessité de former les pilotes dans un cursus militaire est apparue très tôt.

 

Le camp de Châlons se dote ainsi d'une école de pilotage en 1909 sur avions Farman ; la future Base Aérienne 122 Chartres-Champhol dispose d'une école la même année. Le terrain de Pau forme très tôt sur avions Blériot.

En , quatre centres-écoles sont en activité : Châlons, Saint-Cyr-l'École près de Versailles, Avord et Pau.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, d’autres écoles de pilotage militaires viennent s'ajouter : à Chartres (future Base Aérienne 122 Chartres-Champhol) et l’École d'Aviation d'Istres au printemps 1917, équipée de Caudron G3, puis de Nieuport 23M.

A l'Armistice du 11 novembre 1918, on compte un effectif de près de 2000 hommes et 500 avions.

La fin des hostilités entraîne une réduction sensible des effectifs de l'école et suite à de nombreuses transformations, l'activité reprend en 1922.

Les appareils utilisés sont alors très divers : le Morane Saulnier 138 comme avion de début, le Breguet 16, le Goliath utilisé pour le vol de nuit, le Caudron C 59 comme avion de transformation et de brevet, le Breguet 14 comme avion de perfectionnement en observation de jour, et enfin le Nieuport 29 comme appareil de perfectionnement chasse.

 

En décembre 1929, l'appellation de l'école change, elle devient alors : "l’École Pratique d'Aviation Troupe".
Rapidement l'école est chargée uniquement de l'instruction du personnel navigant et en Octobre 1931 une nouvelle appellation est née :
"Ecole de Formation des Sous-Officiers du Personnel Navigant de l'Armée de l'Air".
Cette école forme des pilotes et des mitrailleurs pour l'Armée de l'Air, mais aussi des élèves provenant de la Marine et des élèves appelés, brevetés pilotes de tourisme. 
Les avions utilisés alors sont le Morane Saulnier 230 comme avion de brevet.

 

En 1936 débute l'instruction au pilotage sans visibilité.


La tension internationale qui s'accroit entraîne de profondes modifications ; des écoles civiles sont créées par : Morane à Nîmes, Clermont-Ferrand et Angers, Henriot à Bourges, et Caudron à Ambérieu.

 

Fin 1938, l’École de pilotage d'Istres possède encore 43 appareils : 28 MS 230, 9 MS 315 et

6 C 635 M.

 

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les écoles restent dispersées.

 

Avec la déclaration de guerre, la réquisition d'appareils de club va ajouter plusieurs centaines d'excellents "Luciole", "Aiglon", ou "Cri-Cri".


En juin 1940 l’École d'Istres se replie vers Nouvion et Tafaraoui en Algérie où elle est finalement dissoute.

 

En , à la suite de la demande du maire de Cognac, le Ministère de l'Air décide de la création d'un terrain d'aviation sur la commune de Châteaubernard, qui est ensuite baptisé « camp d'aviation de Châteaubernard », ce qui deviendra en 1945, l'École de pilotage de l'Armée de l'Air créée sur la Base Aérienne 709. Le site militaire est situé sur la commune de Châteaubernard, deux kilomètres au sud de Cognac dans le département de la Charente. Durant la guerre, le terrain est bombardé par les Alliés et en , les infrastructures intactes sont détruites par les Allemands.

 

À la libération de la ville de Cognac, celle-ci entreprend de remettre en état le camp afin de permettre à l'aviation des Alliés de réaliser des raids aériens contre les poches de l'Atlantique jusqu'en .

L’École de pilotage est à nouveau réunie sur le sol métropolitain en 1945 à La Rochelle et, après quelques mois, elle vient s'installer sur la base de Cognac.

 

En , l'École de pilotage est créée. Le « camp » devient la « Base École 705 » et celle-ci forme les pilotes de l'Armée de l'Air sur des différents avions.

Jusqu'en 1948 elle utilise pour la formation des pilotes, une large gamme d'appareils hérités de la guerre : Tiger Moth, Arado 96, Master Miles, Nord 1000, Sipa 11, North-American NAA 57.
Après avoir effectué plus de 100.000 heures de vol dans le ciel charentais, l'école fait mouvement en 1948 sur Marrakech, 
au Maroc, alors territoire principalement placé sous protectorat français. La formation des pilotes se poursuivra au sur Stampe, Morane 472, NAA 57 (BT 9 Américain), remplacés à partir de 1951 par le North Americain T6.
Situé dans le contexte aéronautique de l'époque, le T 6 à moteur en étoile d'une puissance de 650 CV, entièrement métallique, est incontestablement une réussite par ses qualités techniques et opérationnelles, qui l'ont tout naturellement conduit à être défini comme un des meilleurs du moment.

 

Le 1er janvier 1950, la plate-forme de l'ancienne base école 705 devient la Base Aérienne 135. Celle-ci reçoit la 33ème Escadre de reconnaissance qui était implantée à Fribourg. La piste est rallongée pour atteindre une longueur de 2 400 mètres.

En 1958, la 92ème Brigade de bombardement est créée et s'installe sur la base. Cette brigade comprend les escadrilles 1/92 Bourgogne et 2/92 Aquitaine qui sont équipées de Vautour II.

 

Au début de 1961, l'École de pilotage revient à Cognac, à la suite de l'indépendance du Maroc acquise depuis 1956. Elle est équipée d'avions T-6. Elle devient la « Base école 709 » et a pour nouvelle mission d'instruire la plupart des élèves pilotes de l'Aéronautique navale française.

 

En 1965, les T-6 sont remplacés par des avions biréacteurs Fouga CM.170 Magister, mieux équipés et plus adaptés à la formation initiale des pilotes modernes, puis depuis , les avions Socata TB-30 Epsilon ont remplacé progressivement les Fouga Magister.

 

En 1992, la base aérienne prend le nom de baptême « Commandant Ménard ».

 

Le 1er août 1994, l'École est rebaptisée « École de pilotage de l'Armée de l'Air ».

 

En 1995, le Centre de formation des instructeurs pilotes (CFIP) naît de la fusion de l'Escadron de formation des moniteurs et de standardisation (EFMS) et de l'École de formation initiale du personnel navigant (EFIPN).

Le 1er septembre 2004, le Centre de formation des instructeurs pilotes (CFIP) s'installe à l'École de pilotage de Cognac. Il est chargé de sélectionner le personnel navigant. Chaque année, plusieurs candidats effectuent une phase de sélection en vol qui dure cinq semaines. Ils réalisent une dizaine de vols d'évaluation en place avant.

Le , il devient CFIP 1/11 Roussillon composé des escadrilles "Masque de tragédie" et "Masque de comédie."

 

En , l'Epsilon fête ses 500 000 heures de vol.

 

En 2007, 18 Grob G 120A-F entrent en service au sein de l'École de pilotage de l'Armée de l'air (EPAA) à Cognac. Cette flotte, externalisée chez Cognac Aviation Training (filiale d'EADS-Socata), remplace les Embraer Tucano et complète le parc d'Epsilon TB-30.

Les deux premiers avions d'entraînement de fabrication suisse Pilatus PC-21 destinés à remplacer les TB-30 Epsilon ont été livrés le .

 

A compter du 15 mai 2014, les unités de formation reprennent les traditions d'unités de chasse dissoutes :

Escadron d'Instruction en vol 1/13 Artois (EIV 1/13 Artois) composé des escadrilles SPA 83 Chimère, SPA 100 Hirondelle et SPA 155 Petit Poucet.

Escadron d'Instruction en vol 2/12 Picardie (EIV 2/12 Picardie) composé des escadrilles SPA 173 Oiseau de paradis, SPA 172 Perroquet rouge et EALA 9/72 Petit Prince.

Ces deux escadrons sélectionnent et forment les futurs pilotes et navigateurs de l'Armée de l'Air et de l'Aéronautique Navale sur les avions-école Grob G120A-F et Pilatus PC-21.

En fonction des besoins, des résultats obtenus et de leurs aspirations, les élèves-pilotes sont orientés soit vers la spécialité « chasse » soit dans celle du « transport. »

Les élèves orientés dans la filière « chasse » restent à Cognac quinze semaines supplémentaires pour y suivre le stage de pré-spécialisation « chasse. »

 

Le , marque les débuts officiels de l'avion-école suisse Pilatus PC-21 destiné à remplacer les avions SOCATA TB-30 Epsilon de l'EPAA et les Dassault-Bréguet/Dornier Alphajet de l’École d'Aviation de Chasse de Tours et dix-sept avions sont livrés à l'EPAA et à l’École d'Aviation de Chasse (EAC).

Le , les avions Socata TB-30 Epsilon sont définitivement retirés du service.

Le 16 septembre 2020, l'EPAA fusionne avec l’École d'Aviation de  Chasse 00.314, venant de la Base Aérienne 705 de Tours, pour former l’École d'Aviation de Chasse 00.315 "Christian Martell", à la base aérienne 709 de Cognac.

 

Mise à la retraite de l'Alpha Jet pour la formation en transition des pilotes durant l'été 2023.

 

Voir aussi

 

Les écoles militaires de pilotage de 1911 à 1918

 

Centre d’Instruction de l’Aviation Militaire

 

Petite histoire des Écoles de l'air : des racines, des ailes...

 

École militaire d'aviation de Pau


Persée © 2005-2025
Persée © 2005-2025

Sources Traditions-air.fr / Persée / Armée de l'Air